Au Québec, un propriétaire ne peut pas exiger de dépôt de garantie — point. Contrairement à plusieurs provinces canadiennes et à beaucoup de pays, la loi québécoise interdit les dépôts de sécurité, les dépôts pour dommages et les dépôts de clés. La seule somme qu’un propriétaire peut demander à la signature, c’est le loyer du premier terme.
Cette règle protège les locataires, mais elle est encore mal connue en 2026, autant des locataires que de certains propriétaires. Chez Frédéric Murray Immobilier, nous voyons régulièrement des demandes de sommes qui n’ont aucune base légale. Comprendre ce qui est permis et ce qui ne l’est pas vous évite de payer pour rien — ou, si vous êtes propriétaire, de commettre une erreur coûteuse.
Un propriétaire peut-il exiger un dépôt de garantie au Québec
Non. Aucun dépôt de garantie n’est permis au Québec, peu importe son nom ou sa justification. Que ce soit pour couvrir d’éventuels dommages, garantir le paiement du loyer ou « réserver » le logement, la réponse reste la même : c’est interdit par la loi.
Cette interdiction est encadrée par le Tribunal administratif du logement (TAL), qui régit l’ensemble des relations entre locateurs et locataires dans la province. Un propriétaire qui réclame un tel dépôt agit hors de la loi, même si le locataire accepte de le payer.
Les seules sommes qu’un propriétaire peut demander
La seule somme exigible à la signature du bail est le loyer du premier mois (ou du premier terme de paiement). Rien de plus.
Concrètement, à la signature, un propriétaire peut :
- demander le paiement du loyer du premier terme, payable au début de l’occupation;
- convenir avec vous d’un mode de paiement, sans pouvoir vous l’imposer;
- vous remettre un bail en bonne et due forme, idéalement sur le formulaire du TAL.
Tout ce qui dépasse le premier mois de loyer entre dans la zone des sommes interdites. Un propriétaire ne peut pas, par exemple, exiger le premier et le dernier mois d’avance.

Les sommes interdites par la loi
La liste des sommes interdites est plus longue qu’on ne le croit. En 2026, un propriétaire ne peut légalement exiger aucune de celles-ci :
- un dépôt de garantie ou de sécurité, sous quelque forme que ce soit;
- un dépôt pour dommages éventuels au logement;
- un dépôt de clés, de télécommande ou d’accès;
- le dernier mois de loyer payé d’avance;
- un dépôt pour animaux;
- des frais de location, d’ouverture de dossier ou d’enquête de crédit facturés au locataire.
Si un propriétaire vous remet de l’argent « en garantie » et le conserve, il est en faute. Le fait que la pratique soit courante ne la rend pas légale. Un locataire bien informé reconnaît ces demandes et peut les refuser sans crainte.
Et les chèques postdatés
Un propriétaire ne peut pas exiger de chèques postdatés, mais un locataire peut en offrir volontairement. La nuance est importante : la loi interdit d’imposer un mode de paiement précis, pas d’en accepter un proposé librement.
Autrement dit :
- Exiger une série de chèques postdatés comme condition du bail est interdit.
- Offrir des chèques postdatés par commodité demeure votre choix de locataire.
Si vous préférez payer par virement, en argent comptant ou autrement, c’est votre droit. Un propriétaire ne peut pas refuser de vous louer le logement uniquement parce que vous ne fournissez pas de chèques postdatés.

Pourquoi cette règle existe
L’objectif est d’éviter qu’un locataire soit privé de sommes importantes sans réel motif. Sans dépôt, un propriétaire ne peut pas retenir l’argent d’un locataire pour des dommages contestés ou récupérer un loyer impayé sans passer par le TAL.
Cette protection s’inscrit dans un cadre locatif parmi les plus favorables aux locataires au Canada. Pour bien comprendre l’ensemble de vos protections, notre guide sur les droits des locataires au Québec et le rôle du TAL complète bien le présent article. La logique est cohérente : le locataire ne paie que ce qu’il doit, quand il le doit.
Que faire si un propriétaire exige une somme interdite
D’abord, sachez que vous avez le droit de refuser, et que ce refus ne peut pas vous coûter le logement. Un propriétaire ne peut pas écarter votre candidature simplement parce que vous refusez de verser une somme illégale.
Si la situation se présente :
- Informez poliment le propriétaire que la loi québécoise interdit les dépôts de garantie.
- Demandez par écrit toute exigence financière, pour garder une trace.
- Refusez de payer la somme interdite, tout en offrant le loyer du premier mois.
- Adressez-vous au TAL ou à un organisme d’information juridique comme Éducaloi si le propriétaire insiste.
Si vous avez déjà payé un dépôt interdit, vous pouvez en demander le remboursement, au besoin par une démarche auprès du TAL. L’argent versé illégalement ne devient pas légitime parce qu’il a été accepté.

Conseils pour les propriétaires
Pas de dépôt ne veut pas dire pas de protection : un bon propriétaire se protège autrement, en toute légalité. Plutôt que de réclamer des sommes interdites, misez sur des pratiques solides et conformes.
Pour louer en confiance sans dépôt, vous pouvez :
- Sélectionner soigneusement vos locataires avec une candidature complète et des références;
- Réaliser un état des lieux détaillé à l’entrée et à la sortie, photos à l’appui;
- Exiger une assurance habitation du locataire, ce qui est permis et recommandé;
- Fixer un loyer juste et compétitif qui attire de bons candidats stables.
Sur ce dernier point, un loyer bien calibré réduit le roulement et les risques. Notre article sur comment fixer le bon prix de loyer à Québec explique comment trouver cet équilibre. Et du côté des locataires, présenter un dossier impeccable reste la meilleure carte : voyez nos conseils pour vous démarquer comme locataire dans un marché compétitif.


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